Éditorial

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08.12.2018
Préparez le chemin du Seigneur 
Auteur : Roger AFAN, OP.

La liturgie de ce deuxième dimanche de l'Avent nous rappelle que la venue du Messie n'est pas qu'un événement historique, mais aussi un fait quotidien, un fait d'hier mais davantage d'aujourd'hui et non moins de demain. Chaque jour écrit une page de l'histoire de notre salut comme ce fut le cas au temps de Jean Baptiste. La parole de Jean, « Préparez le chemin du Seigneur », est pour nous une exhortation à un véritable renouvellement de vie. En cette deuxième semaine de l’Avent, laissons-nous toucher par cet appel pour nous remettre en question, redresser nos mauvais penchants et changer de cap. En effet, que de trous, de ravins ou même d’abîmes à combler en nous ! Le temps de l’Avent nous est proposé par l’Eglise pour tracer bien droit le chemin par lequel le Seigneur viendra dans notre cœur. Si depuis le début de cet Avent, nous n’avons encore rien entrepris en ce sens, il serait grand temps de nous demander : voulons-nous vraiment que le Christ vienne en nous ? Le désirons-nous de tout notre cœur ? Pendant ces quelques jours qui nous séparent de Noël, mettons de l’ordre dans notre cœur ! Débarrassons-le de tout ce qui l’encombre, car plus nous le viderons et plus le Seigneur pourra le combler. Invitons-le, à venir chez nous, poussons ce cri de l’Avent : « Viens, Seigneur Jésus, viens, ne tarde plus… »


02.12.2018
Préparons les chemins du Seigneur !
Auteur : Père Rhod SAKANI

Après la solennité du Christ Roi de l’Univers, dimanche passé, solennité qui a clos en même temps l’année liturgique B, nous voici aujourd’hui au 1er dimanche de l’Avent qui inaugure une nouvelle année liturgique, l’année C. Ce rythme liturgique cyclique pourrait, si l’on ne fait attention, nous faire glisser dans une vraie routine sans incidence sur notre foi. Or cet enchainement liturgique devrait plutôt, chaque année, nous permettre de revivre et d’habiter les saints mystères de la vie du Christ dans l’aujourd’hui de notre foi et nous préparer ainsi à le rencontrer un jour. L’Avent vient du latin « adventus » qui signifie avènement, venue. Oui il s’agit de la triple venue du Christ : celle de l’évènement inouï de Bethléem (Noël), celle de chaque jour dans nos vies par sa grâce et enfin celle de son retour glorieux à la fin des temps comme nous le proclamons dans l’une des formules de l’anamnèse : « Il est grand le mystère de la foi… Nous attendons ta venue dans la gloire ». Il s’agit donc d’une venue qui se réfère au passé, au présent et à l’avenir. Et cette venue nécessite un temps d’attente. Et ce temps est celui de la vigilance et de la conversion, chemins que le Seigneur nous propose pour l’accueillir. Vigilance dans la prière : telle est la consigne que le Seigneur nous donne au début de ce temps fort. Il s’agit d’intensifier notre attachement à Lui par une vie de prière conséquente. Le Christ lui-même ne nous a-t-il pas dit « Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure. (Mt 25, 13) Conversion : c’est l’autre consigne que le Christ nous donne. Il s’agit d’un changement radical et qualitatif de notre vie ; oui il faut que l’homme ancien meure en nous et que naisse l’homme nouveau. La parole de Dieu qui retentira en chaque liturgie dominicale redira la nécessité ou l’urgence de la conversion : « que dois-je convertir de ma vie ? ». Alors engageons-nous sur le chemin de la vraie conversion.


24.11.2018
Ma royauté n’est pas de ce monde
Auteur : P. RANDRIAMANANA Paul

En ce 34èmedimanche du temps ordinaire, nous célébrons la solennité du Christ Roi. Cette solennité clôt l’année liturgique mais en même temps, elle donne le top d’une nouvelle année qui commencera par le premier dimanche de l’Avent dimanche prochain. Cette continuité est symbolique car elle nous explique que l’histoire de l’humanité trouve son origine et son terme dans le Christ Roi. Il est le Roi de notre histoire. L’Evangile d’aujourd’hui fortifie notre foi en ce que nous célébrons. C’est Jésus en personne qui nous révèle la nature de sa royauté à travers sa réponse à la question de Pilate de savoir s’il est roi. Il a répondu « C’est toi-même qui dis que je suis roi …». Oui, il est Roi. Mais avant tout, Il a bien défini que « ma royauté n’est pas de ce monde ». Sa royauté n’est pas de ce monde. Parce que son titre de roi exprime sa nature divine. Le Christ est Roi car il est Dieu. Il est le fils du Père Tout Puissant. C’est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre. « Roi de l’univers », II règne sur tous les peuples et sur toutes les nations. Sa royauté n’est pas de ce monde car son autorité est différente du pouvoir humain où se jouent le rapport de force, les défenses des intérêts. C’est un pouvoir divin qui se fonde sur la vérité, c’est-à-dire en Dieu Lui-même et qui se décline à un pouvoir de service. Il n’a aucun intérêt à défendre sauf le salut de toute l‘humanité. C’est pourquoi, il domine le monde non pas par la force des armées mais par la Croix, non pas par la haine mais par la miséricorde. Sa royauté n’est pas de ce monde. Car il ne veut pas régner tout seul. En vertu de notre baptême, Il nous a fait un peuple de rois pour instaurer avec lui son règne dans ce monde qui est règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix. Nous répondons positivement à cet appel si nous écoutons sa parole, si nous reconnaissons sa puissance et acceptons qu’il règne dans notre vie. Ainsi nous régnerons avec Celui qui est l’Alpha et l’Omega de notre histoire. Amen.


17.11.2018
 Soyons toujours prêts
Auteur : Père Rhod SAKANI

Biens aimés du Seigneur, Nous célébrons aujourd’hui l’avant dernier dimanche de l’année liturgique B qui sera close avec la solennité du Christ-Roi de l’Univers dimanche prochain. C’est tout naturellement évident que les textes liturgiques proposés à notre méditation en ce jour portent essentiellement sur les fins dernières puisque chaque année liturgique a pour but principal de nous préparer à vivre notre ultime rencontre avec le Seigneur dans son banquet éternel. Le ton utilisé dans ces textes, particulièrement la première lecture et l’Évangile frôle un peu la peur, la panique, la catastrophe … « après une grande détresse, le soleil s’obscurcira, et la lune ne donnera plus sa clarté, les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées… » A première vue, ces paroles de Jésus semblent teintées d’un réel pessimisme et d’un visage effroyable et terrifiant de Dieu. Mais elles sont plutôt une véritable invitation à la vigilance prophétique, c’est-à-dire à une attitude conséquente et conforme aux exigences de la Parole de Dieu. Ces mots et ces phrases adressés à nous sont une vraie alerte appelée à nous réveiller du sommeil de la vie. Plutôt que de nous enliser dans la peur et dans l’incertitude, apprenons chaque jour et sans cesse à être prêts à rencontrer le Seigneur qui peut venir de manière inattendue car, comme le dit Jésus lui-même : « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »


03.11.2018
D’abord écouter
Auteur : Père Bernard Heudré

« Ecoute Israël… » Dans la première lecture comme dans l’Evangile nous est lancé cet appel à l’écoute. Il me parle particulièrement en ce moment où je dois garder le silence et ensuite ménager ma voix. Bien sûr, la parole est un don qui nous est fait pour communiquer, échanger, partager. Un don qui nous parait tout naturel quand on n’’en est pas privé. Mais est-ce qu’il n’y a pas trop de paroles qui peuvent finir en bavardage ? toute parole prend sa vraie mesure dans le silence de l’écoute. C’est la condition même pour que les mots prennent leur poids et leur sens, c’est la condition aussi pour que notre agir ne devienne pas de l’activisme. Ce « Ecoute Israël… » repris par Jésus était la profession de foi principale de la religion d’Israël, récité encore aujourd’hui deux fois par jour par les juifs, le matin et le soir, et qui accompagne la vie tout entière du croyant. Lorsque Jésus cite ce passage du Deutéronome, il le fait pour répondre à la question d’un scribe qui, contrairement à ce qui se passe souvent, ne vient pas lui tendre un piège. Clairement, cet homme manifeste le désir d’aller à l’essentiel : se mettre à l’écoute de Dieu. Pour nous, cette écoute de Dieu nous la vivons dans la lecture attentive de sa Parole, une écoute qui ne se paye pas de mots mais engage profondément dans un amour du prochain. En sachant que l’amour, au nom trop souvent galvaudé, exige attention vraie à l’autre, disponibilité du cœur, en sachant prendre le beau risque de l’aventure de la relation à l’autre. La vitesse est l’ennemie de l’amour qui exige patience, écoute vraiment donnée.


26.10.2018
Seigneur, fais que je voie
Auteur : Père Roger AFAN, op.

A la sortie de Jéricho, Jésus croise un homme aveugle, dont on connaît même le nom, ou plutôt le nom du père, puisque Bartimée signifie tout simplement, « le fils de Timée ». A l’occasion de sa rencontre avec Jésus, l’aveugle formule une demande : « Seigneur, fais que je voie ». Cette demande procède de la pauvreté radicale d'un mendiant aveugle, qui n'a d'autre appui que la foi en Jésus. La réponse de Jésus à la supplique de l’aveugle nous montre que Dieu exauce notre prière à sa manière, mais souvent au de-là de ce que nous avons demandé. Bartimée voulait retrouver la vue : Jésus le guérit, mais en plus il lui donne le salut ; il lui dit : « va, ta foi t’a sauvé ! ». L’aveugle guéri a su apprécier ce don et, pour demeurer à proximité de cette présence qui sauve, il devient disciple de celui qui lui a changé la vie et se mit à suivre Jésus. La vie de ce mendiant va être totalement bouleversée par cette rencontre. Il était toujours « assis au bord de la route » - on dirait aujourd’hui un marginal - ; après cette rencontre, il va « suivre Jésus sur la route », il va devenir un vrai disciple ! Jésus nous invite toujours à le suivre à travers une expérience de compassion et de miséricorde. A l’exemple de Bartimée, tournons-nous vers Jésus qui peut guérir les blessures de notre vie, et combler le vide de nos cœurs. Que notre prière exprime notre désir profond de suivre le Christ, même si la route qu’il prend mène à la passion et à la mort, car sa mort sur la Croix est le chemin de la gloire de la résurrection et de la vie éternelle.


20.10.2018
Non pour être servi mais pour servir
Auteur : Père Francklin Gracia, spsj

Il est toujours bon d’aspirer à quelque chose toujours plus grand. C’est important car « celui qui n’a pas d’avenir, n’a pas d’histoire non plus ». Chacun est invité à écrire chaque jour une page nouvelle de son histoire. Mais Jésus nous invite d’une manière particulière à entrer dans son histoire de même qu’il est entré dans la nôtre en prenant le chemin de l’humilité. Voilà ce à quoi il nous invite tous comme il a invité les deux fils de Zébédée : Jacques et Jean, eux qui voulaient les premières places dans le royaume. L’occasion nous est donnée pour nous regarder en vérité : dans mes responsabilités, suis-je un serviteur ou celui qui sait tout ? Dans un monde où les meilleures places sont recherchées en vue de dominer l’autre, cela fait partie de la vanité humaine. Mais Jésus nous invite à aller à contre-courant, à nous faire serviteur. Il a lui-même donné l’exemple en lavant les pieds de ses disciples. Nous sommes nous aussi invités à mettre nos capacités, nos qualités au service des autres. Car nos compétences sont une grande possibilité que nous avons pour aider l’autre. Il est donc important que nous identifiions ces compétences et qualités. Ce sont peut-être un simple sourire, un conseil, une parole d’encouragement. Servir nos frères et sœurs ne consiste pas à faire de grandes choses mais à faire quelque chose de grand. Que le Seigneur nous donne de répondre chaque jour à sa mission là où nous sommes. Nous avons la mission de témoigner de notre foi et de notre espérance auprès de tous en nous mettant au service du Christ, en servant nos frères et sœurs. Nous pouvons nous laisser enseigner par le Christ qui nous ouvre le chemin de l’humilité. Que nous trouvions notre joie dans le service des autres en particulier les plus petits.


13.10.2018
Que dois-je faire ?
Auteur : Père Roger AFAN, op.

Comme dans les passages de ces derniers dimanches, Marc poursuit l’enseignement de Jésus sur les exigences requises pour devenir son disciple. Dans le passage de ce dimanche, nous pouvons retenir trois éléments essentiels : l’appel du jeune homme riche, la difficulté d’entrer dans le royaume des cieux, et la récompense accordée à ceux et celles qui suivent le Christ. Sans condamner la richesse, Jésus rappelle qu’elle peut devenir un obstacle sur le chemin de la vie chrétienne. De fait, l’histoire du jeune homme riche se termine mal ! « L’homme devint sombre et tout triste ». Et la parole désabusée de Jésus : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » Il s’agit non d’une condamnation, mais la constatation d'un risque inhérent à la possession des biens matériels : ceux-ci peuvent occuper entièrement le cœur et prendre la place de Dieu. Jésus invite d’abord et avant tout au dépassement. Pour l’homme riche, se dépasser eût été de se détacher de ses trop grands biens. Pour d’autres, ce sera d’oublier des titres et des réussites en affaires ou en politique, de changer la façon de traiter les autres, de corriger le manque de générosité, l’égoïsme, la paresse, etc. L’important est de se libérer, chacun à sa façon, pour suivre le Christ. En effet, nous ne pouvons suivre Jésus, nous ne pouvons l’aimer véritablement tant que nous restons attachés à nos possessions humaines, tant que nous gardons le souci exagéré de nous-mêmes.


06.10.2018
Le permis et le prescrit
Auteur : Père Roger AFAN, op.

L’expérience nous enseigne que dans les couples, toutes sortes de situations déplorables se développent : ça ne fonctionne pas toujours comme on l’avait prévu. Ainsi, durant la vie du couple, surviennent infidélité, oppression, violence, incompréhensions et silences mortels. Il en résulte des séparations et des divorces. Cette rupture entraîne des résultats souvent pénibles pour le couple et pour les enfants. Par ailleurs, certains couples ne se séparent pas toujours ; mais on ne se parle plus, on refuse de se pardonner, de se réconcilier, de reprendre le dialogue. La bonne nouvelle d’aujourd’hui se trouve dans les attitudes et les valeurs que Jésus nous propose sur le mariage. Pour notre Seigneur, les personnes sont toujours plus importantes que les institutions. Il s’occupe avant tout des personnes, au lieu d’accuser et de lancer des pierres. Jésus traite tout le monde et surtout les pécheurs avec une infinie tendresse. Sans doute, «Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il le créa, homme et femme Il les créa.» C’est là l’idéal rappelé par le Seigneur sur l’institution du mariage. Mais il est toujours plein de tendresse pour tous, y compris les divorcés et les partenaires de mariages brisés. En renvoyant au projet originel du Créateur, Jésus nous rappelle que ce qui est « permis » dans le but de limiter les abus, ne doit pas nous détourner de ce qui est « prescrit », c'est-à-dire de ce qui correspond à l’appel fondamental de Dieu pour l’homme et la femme.


22.09.2018
Dieu donne sa grâce aux humbles
Auteur : Père Roger AFAN, op.

Jésus surprend ses disciples en train de discuter pour savoir qui est le plus grand parmi eux. A l'évidence, ils n'ont encore pas bien compris ce que veut dire être disciple de Jésus. Ils n’ont pas compris qu'il leur faudra, comme leur Maître, devenir serviteurs de tous, y compris des membres les plus petits et les moins estimés, selon un renversement radical des valeurs recherchées dans les sociétés humaines. Car la vraie grandeur, selon l’Évangile, est de se faire le dernier de tous. Non par une humilité trop voyante, mais simplement en se mettant en position de servir. Quand on ne se soucie plus d’être le plus grand, on s’ouvre à l’accueil, même du plus petit. Accueillir un frère au nom de Jésus, c’est lui faire une place dans notre vie. Nous sommes tous invités à entrer dans cette dynamique de l’accueil et du service.   Les occasions ne manquent pas. Même les petits services sont importants : servir à table, remplacer un compagnon de travail pour un temps, offrir un café, visiter un malade, aider un enfant à faire son devoir, céder une place assise dans le bus, faire les courses pour une personne âgée, prendre le temps d’écouter une personne angoissée...  Seuls, le service rendu et l’accueil des plus petits donneront de la valeur à notre vie aux yeux de notre Seigneur.


15.09.2018
Pour vous qui suis-je ? 
Auteur : Père Rhod Sakani

Voilà une question taraudante et lancinante que Jésus pose à ses disciples et à nous aujourd’hui dans le cadre d’une enquête sur son identité. Une question difficile voire complexe dans la mesure où l’identité d’une personne a toujours été un ‘’mystère’’, une réalité enfouie dans l’être le plus profond de chaque homme et souvent confondue aux seules apparences qu’il donne. Et qui plus est, il s’agit de l’identité de l’homme-Dieu. Eprouvé par les limites du langage humain mais surtout et heureusement inspiré par l’Esprit du Seigneur, Pierre fait une belle profession de foi qui traverse toutes les époques et tous les temps en réponse à la question de Jésus : « Tu es le Christ ». Ce titre royal à première vue a une connotation politique avec toutes les conséquences possibles de tout pouvoir humain qui écrase, domine et fait hisser à une vaine gloire. Et justement conscient de ce danger, Jésus indique le vrai sens de sa royauté qui passe plutôt par le chemin de l’humilité, de l’humiliation, de la passion, de la croix et de la mort. Et croire pour nous en ce Christ, c'est-à-dire professer notre foi en ce Sauveur, c’est accepter cette nouvelle logique de vie qui nous propose de prendre notre croix et de suivre Jésus. Oui la croix est mise au cœur de ce chemin qui finalement exige de chaque chrétien un véritable esprit de sacrifice, d’abnégation et un saut dans l’inconnu. Ce chemin s’oppose à toutes sortes de facilité souvent présentées comme des raccourcis de la vie ; croire en ce Christ et donc accepter la croix, c’est apprendre chaque jour de notre existence que la vie n’est pas faite que de roses mais aussi d’épines, de réussite mais aussi d’échec, de joie mais aussi de tristesse etc … Ce n’est qu’en comprenant ces paroles que nous pourrions finalement répondre à la question de Jésus : « Pour vous qui suis-je ? » Puisse le Seigneur nous aider à reconnaitre notre croix, à la porter et à le suivre chaque jour en mettant toute notre confiance en Lui.


30.06.2018
Du courage de quitter à la joie d’appartenir 
Auteur : Père Rhod Sakani

Nous célébrons aujourd’hui, en date différée, la fête des bienheureux Pierre et Paul. Une occasion d’immense joie pour notre paroisse qui a Saint Pierre pour Saint patron : c’est bien donc notre fête patronale. L’un et l’autre, selon leur charisme, ont été choisis et appelés par Dieu pour annoncer son règne. Deux personnes, de tempérament bien différent, mais qui pourtant ont conjugué leurs efforts pour la même œuvre du Seigneur. Notre foi est une foi apostolique dans la mesure où elle est fondée sur le témoignage des apôtres. Et qui plus est, ces deux apôtres sont reconnus comme les colonnes de notre Eglise. Dans ce sens, célébrer Pierre et Paul, c’est avant tout rendre grâce au Seigneur qui les a chargés de sa bonne nouvelle parvenue jusqu’à nous. Célébrer Pierre et Paul, c’est se rappeler que dans l’Eglise du Christ nul ne peut devenir chrétien en choisissant l’enfermement, la solitude. Nous ne sommes chrétiens qu’avec les autres. Célébrer Pierre et Paul, c’est se rappeler que Dieu peut se servir même de nos faiblesses pour transformer le monde. Pierre a trahi son maître pendant son procès et Paul a persécuté son Eglise pendant longtemps. Pourtant Dieu les a choisis comme ils étaient pour en faire ses bras, ses mains et ses pieds qui ont apporté l’Evangile au monde. Comme quoi, frères et sœurs, « Dieu écrit droit sur des lignes courbes ». Célébrer Pierre et Paul, morts martyrs, c’est prendre et reprendre conscience que servir le Christ nous expose au martyre. Mais qu’il nous faut pour cela cultiver sans cesse un attachement indéfectible à Dieu par une vie de prière qui s’exprime dans la charité et la miséricorde. Baptisés dans le Christ, nous sommes appelés tous et chacun à travailler pour l’avènement et l’enfantement d’un monde nouveau où l’amour devient le maitre mot qui anime et qui habite ceux et celles qui ont accepté de suivre le Christ. Paul et Pierre ont tout quitté pour suivre Jésus. Qu’ils prient pour notre Eglise afin qu’elle trouve sans cesse des hommes et des femmes qui pérennisent l’œuvre de Dieu.


25.06.2018
Aimé dès le sein maternel 24/6/2018
Auteur : Père Bernard Heudré

Comme il est bon d’entendre que dès le sein maternel s’écrit notre histoire humaine ! Une naissance n’est pas un accident de l’histoire comme on aurait parfois tendance à le penser aujourd’hui. Une naissance n’est pas un calcul destiné à satisfaire un besoin, parfois en méprisant les lois naturelles.
Non, lorsque s’annonce la naissance d’un enfant, c’est une histoire qui prend forme. Dès lors, comment considérer un avortement comme un acte banal !
La liturgie de cette fête de saint Jean Baptiste nous fait aller s’incliner devant le sein de deux futures mères.
Celui de la mère d’Isaïe qui sait qu’elle va mettre au monde un enfant, sans pouvoir imaginer son destin exceptionnel, rien moins qu’ « une flèche acérée », rien moins que « la lumière des nations ». Désormais Dieu n’est plus l’apanage d’un peuple, celui d’Israël, pour lequel le prophète pense s’être « fatigué pour rien ». Sa récompense sera de se voir confier une mission infiniment plus large, celle d’être « lumière des nations. »
Le sein d’Elisabeth ensuite où l’enfant bondit d’allégresse lors de la visitation de Marie. Jean Baptiste, avant de prendre la parole, a déjà accueilli Jésus, le Verbe, dans le sein de Marie.
Magnifique rencontre que celle de ces deux futures mères qui ne portent rien moins que l’avenir du monde, le salut incarné en Jésus, annoncé par Jean Baptiste, le Précurseur.
Alors que nous sommes au solstice d’été, avec le jour le plus long de l’année, laissons-nous envelopper par la Lumière qui traverse nos obscurités et portons-la largement autour de nous.
Père Bernard Heudré




16.06.2018
De la semence à la maturité
Auteur : Diacre Francklin Gracia, spsj

Le Salut que Dieu offre à l’homme dépasse le temps et l’histoire. Mais c’est au cœur de cette histoire qu’il agit afin que l’homme puisse le découvrir peu à peu. Jésus nous aide à comprendre le royaume dont il est la personnification comme un processus. Un processus qui invite à la patience. Pour cela, il utilise l’image de l’agriculture avec toutes ses étapes nécessaires : semence, croissance, maturité. Très souvent quand nous voyons un grand arbre, nous ne pensons pas spontanément à la première étape de sa vie : la semence. Pourtant cette étape est indispensable. Les agriculteurs savent bien que s’ils veulent récolter de bons fruits, la première chose à faire c’est de semer. Les plantes grandissent, puis portent du fruit. Mais ni la croissance ni la récolte ne dépendent du semeur. D’ailleurs, il constate tout simplement que les plantes grandissent et portent de fruits. Ainsi, la puissance de Dieu fait naître son œuvre et veut faire grandir son royaume en nous. Il nous faut être tout simplement dans une attitude d’accueil comme la terre qui accueille une semence qui est destinée à germer, croître afin de porter du fruit. Il y a un grand contraste dans la deuxième parabole de l’évangile d’aujourd’hui. Il s’agit d’une petite graine de moutarde qui devient une plante impressionnante. Jésus veut nous rappeler que la grâce de Dieu dépasse notre logique humaine. Prenons-nous assez de temps pour faire mémoire des grâces reçues ? Qui que tu sois, la grâce de Dieu peut te rejoindre. Tu te sens trop faible, trop petit ? Le Seigneur te dit « ma grâce te suffit ». Nul n’est trop loin pour Dieu ; et surtout n’est perdu pour Dieu. Chacun de nous est capable d’accueillir les dons de Dieu dans sa vie. Il suffit de nous ouvrir à la présence aimante de Dieu. Dans notre vie, nous avons toujours besoin de progresser. N’oublie pas, un vélo ne tient pas l’équilibre tout seul sinon que lorsqu’il avance. Alors, avançons ensemble en gardant notre équilibre dans le Seigneur qui nous fait grandir et porter du fruit comme une semence jetée dans une terre fertile. Qu’en nous s’élève, fructifie et s’achève le royaume de Dieu.


11.06.2018
Du temps pour se décider
Auteur : Père Bernard Heudré

« Décide-toi ! » Est-ce que nous n’avons pas prononcé cette parole face à quelqu’un qui hésite, ne sait pas s’il doit entrer ou sortir ?
Si nous prenons le temps de relire notre vie, très rapidement nous constatons qu’elle a été construite par les choix que nous avons su faire, certains étant déterminants, comme celui du mariage, du ministère sacerdotal, de la vie consacrée, de la profession…
Lorsque nous voyons les relations que Jésus tisse avec ceux qu’il rencontre, nous remarquons aussitôt qu’il demande une décision claire et nette « Viens, suis-moi ! » Avec lui, pas de demie mesure. Il ne force personne. Il attend seulement la vérité de l’engagement.
Bien sûr, il dérange, au point que ses proches affirment : « Il a perdu la tête ». A tous, y compris Marie, il a fallu du temps pour découvrir qui il était vraiment. Lorsqu’ils viennent le rencontrer avec, comme saint Marc le dit plus loin, le secret désir de le ramener à la maison, ils n’osent pas le voir face à face. L’évangile nous dit qu’ils restent au-dehors et se servent d’intermédiaires pour l’interroger.
Alors Jésus regarde ceux qui sont assis autour de lui, premier visage de l’Eglise, et il a cette magnifique affirmation qui devrait nous réjouir tous car il nous appelle tous à cette relation : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ».
Entrons dans cette vie de famille que Jésus nous invite à vivre avec lui et avec son Père. Ayons à cœur d’accompagner les enfants qui aujourd’hui font leur Première Communion pour que jamais celle qui est la première ne devienne la dernière.

Père Bernard Heudré